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Festival piano au Musée Würth : musique, art et... quincaillerie ! (Classicagenda)

Philippe Bianconi, au jeu profond et incarné, a fait vibrer de poésie et d’émotion Schumann, Saint-Saëns, Fauré et Debussy. Les Papillons opus 2 de Schumann, loin d’être anodins, ont trouvé sens sous ses doigts et unité dans le décousu, les reprises jamais vraiment semblables mais toujours baignées de tendresse, de rêverie, d’espièglerie. Le pianiste parvient à la même unité dans les Davidsbündlertänze opus 6 de Schumann, sans pour autant gommer leur côté fantasque. Le Souvenir d’Italie opus 80 et la Valse Canariote opus 88 de Saint-Saëns sont des pièces brillantes sans grande profondeur (ce qui fait aussi leur charme!), qu’il a défendues avec ardeur et non sans une certaine saveur, s’octroyant quelques clins d’œil au flonflon de l’accordéon dans la valse. Après le raffinement de la Ballade opus 19 de Fauré, à l’écriture alambiquée entre ombre et lumière, quatre préludes du premier livre et l’Ile Joyeuse de Debussy: de l’ineffable mystère de Voiles aux sonorités doucement nimbées de pédale, à l’effervescente et éclatante Ile Joyeuse, Philippe Bianconi est par excellence dans son élément. La peinture, la couleur ? Nous les avons aussi trouvées dans ce musée, bien vivantes, sur la toile de son toucher fin et élégant.