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Critiques
Philippe Bianconi, un pianiste qui tient la note (Le Figaro)

Le Carnaval de Schumann est une des œuvres les plus bouleversantes de tout le répertoire pianistique. Le compositeur y convoque, de manière cryptée, ses amours et ses obsessions, en une sorte de bal masqué lancinant, miroir de toutes les émotions. On peut peut-être le jouer aussi bien que Philippe Bianconi, sans doute pas mieux. Sa version est un modèle de compréhension de la forme et de liberté dans la souplesse.

 
L'art du travestissement (Le Monde)

Opportunément sous-titré « Doubles et masques », cet album aux multiples séductions est un modèle de mise en scène. Le livret accueille une série de portraits du pianiste Philippe Bianconi renouvelant la donne vestimentaire en blanc (chemise) et noir (costume, cravate, etc.).
Les œuvres, ensembles de miniatures, transcendent le principe du travestissement musical cher à Schumann. Quant au jeu de Philippe Bianconi, il procède d'une science de l'éclairage et de la figuration qui magnifie chaque scène ciselée par le compositeur. Par exemple, sous l'égide des Papillons, où chacun semble avoir un rôle bien précis. Le premier invite au parcours paisible alors que le deuxième traverse le ciel par surprise et que le troisième s'impose en chef d'escadrille (si cela existe chez les lépidoptères).
Tous semblent guidés par un poète – enfant rieur ou adulte rêveur. Il en va de même des acteurs exaltés qui animent le Carnaval intimiste et les spectaculaires Davidsbündlertänze.

 
Un toucher précis et délicat (Télérama)

Avec un jeu tout en nuances, Philippe Bianconi explore la psyché du compositeur allemand et dévoile les liens unissant ces trois cycles pour piano.

 
Un Schumann bondissant (L'Est Républicain)

Avec un art consommé du phrasé, de l'articulation et de la respiration, Philippe Bianconi a offert un Carnaval éblouissant. Jamais, on a senti la prouesse digitale, mais seulement l'impétuosité et la poésie omniprésente.

 
Philippe Bianconi impressionnant dans Schumann (Pianiste)

Pour son troisième album chez La Dolce Volta, Philippe Bianconi a choisi Schumann. Le Schumann le plus exigeant, peut-être. Non que le reste du répertoire lui soit inférieur. Mais parce que ces pièces écoutées à la suite (51 au total), et qui appartiennent à trois entités cohérentes, doivent se distinguer dans une immensité sensible, entre pudeur et véhémence. La perte de tension, l'absence de caractère et, à l'inverse, les contrastes brutaux peuvent, en revanche, tout détruire dans l'instant. C'est toute la difficulté de maîtriser la puissance du piano moderne dont Schumann n'aurait pu imaginer l'existence.
Philippe Bianconi relève le défi, modifiant l'épaisseur de son toucher, jouant sur la profondeur des plans sonores, pour quelle valses des Papillons tissent des portraits littéraires "justes" comme l'écho du roman Flegeljahr de Jean Paul. Ce romantisme qui s'évade de Chopin est vécu avec une belle détermination, autant d'humour que d'éloquence brûlante.
Les Davidsbündlertänze, eux, paraissent d'une clarté et d'une élégance rares. tant de lectures orgueilleuses se précipitent à l'aube de l'expressionnisme, cassant la souplesse de l'instabilité schumanienne. La densité du jeu énergique, mais jamais brouillon, demeure d'une étonnante lisibilité. Il respire alors que chaque harmonique est parfaitement contrôlé, les micros restituant presque la densité des feutres important les cordes.
Le Carnaval surgit,grandiose et sans dureté. La mosaïque d'acteurs, de souvenirs, de sentiments et d'espoirs se met en place. Philippe Bianconi devient un acteur : il ne se substitue pas au compositeur. Il ne fait que traduire des visions fugitives avec une certitude technique qui impressionne tout autant que la variété rayonnante de ses nuances et des couleurs.

 
Philippe Bianconi : Le poète et l’architecte

Philippe Bianconi possède cette approche poétique, vivante, contrastée que réclame Schumann.

 
Philippe Bianconi : Le poète et l’architecte

Philippe Bianconi possède cette approche poétique, vivante, contrastée que réclame Schumann.

 
Philippe Bianconi : Rentrée symphonique au sommet (L'Est Républicain)

Philippe Bianconi joue avec pudeur, humilité et ne figure pas sur la liste des virtuoses rodomonts qui en rajoutent. Il est scrupuleux, lucide, respectueux des portées et de leurs indications, et il est n'est surtout pas l'exhibitionniste de la redoutable cadence du premier mouvement que contient naturellement le Concerto en sol de Ravel. Il traduit le second (Adagio) comme un long Lied serein - qui n'est pas sans rappeler le temps du règne de la fausse note dans les années 30 - et que Philippe Bianconi nous livre avec sobriété, émotion et sensibilité, ajustant le thème et son rythme selon l'équilibre requis. Enfin, il fit tourner le Rondo final sans son obsédante rythmique tout en glissant ses rag-time à l'opposite de Scott Joplin.

Belle ovation de l'orchestre et de son soliste.

Georges Masson

 
Le pianiste français Philippe Bianconi nommé au poste de directeur du Conservatoire Américain de Fontainebleau // Le Monde

Appelé en 1994 par Gaby Casadesus, dont il avait été l'élève, Philippe Bianconi participait régulièrement à ces sessions estivales. Ce lauréat de deux grands concours américains (Robert Casadesus à Cleveland en 1981, et Van Clirburn à Fort Worth en 1985), dont la carrière s'est d'abord épanouie outre-Atlantique avant d'exploser en France, apparaît tout désigné pour pérenniser le lien entre les deux continents.
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Un chemin différent // Le Devoir (Canada)

Après les Suites nos 1 à 3 de Bach au théorbe par Hopkinson Smith, un disque pour l'éternité, voici un témoignage musical, un legs, une vision du même acabit et de la même portée. Le champ d'action : Les Préludes de Debussy, cette inépuisable terre, nourrie de tant de références (Gieseking, Meyer, Arrau, Michelangeli, Zimerman, Ader, Austbö, Osborne, Bavouzet...), où l'on a l'habitude de séparer les cartésiens (Meyer, Casadesus, Austbö) et les créateurs de couleurs et d'atmosphères (Arrau, Zimerman, Bavouzet).
J'aurais pu parler d'un « chant d'action », car la singularité de Bianconi est de mêler, de la manière la plus renversante livrée au disque, lignes et couleurs. Pas question de renier les qualités de Bavouzet, par exemple, mais Bianconi montre qu'on pouvait emprunter un chemin différent, plus libre encore. 

Le Devoir, Christophe Huss 

 
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